Bordeaux : Un tag féministe ? Trois flics sur le dos !

Le 8 mars dernier à Bordeaux a eu lieu une marche non mixte à l’appel du Collectif 8 mars Gironde. Cette manifestation pacifique pour la journée des droits des femmes a été réprimée par de multiples arrestations et violences policières.

Elles étaient un peu plus de 800 manifestantes dès le rendez-vous donné sur la place de la Victoire. Soit un peu plus de 600 personnes de plus que lors des précédents évènements. Cette manifestation festive dénonçait les violences sexistes et sexuelles tout en cheminant vers le quartier Saint-Michel, le cours Victor-Hugo en passant par la Grosse-Cloche, Camille-Jullian etc. Déjà des hommes venaient expliquer aux femmes ce qu’était le « vrai féminisme » ou les insultaient car pour eux, ce 8 mars, il était difficile de se déplacer dans les rues en raison de la présence du cortège. C’est pourtant la réalité de ce que vivent les femmes chaque jour, contraintes de faire des détours, de se pousser. L’une d’elle nous explique d’ailleurs qu’avant que les violences policières ne commencent, c’était la première fois depuis deux ans qu’elle se sentait en sécurité dans les rues d’une ville la nuit.

Dans un premier temps, la faible présence policière a rapidement été contrastée par la présence de chiens qui selon certaines manifestantes avaient pour but de les intimider. La manifestation était pacifique et joyeuse lorsque vers 21h45, en queue de cortège, une manifestante qui s’apprêtait à taguer a été violemment extraite par trois policiers qui l’ont étranglée et traînée sur plusieurs mètres. Sans sommation ni raison, un policier a lancé une grenade de désencerclement qui a blessé deux manifestantes, l’une d’entre elle a dû être emmenée à l’hôpital tandis que d’autres ont perdu l’ouïe pendant plusieurs heures. Les policiers ont jeté la femme interpellée dans le camion de police à coups de pieds pendant que d’autres faisaient usage de lacrymos ou tenaient en joue les manifestantes avec leurs LBD.

Après que la marche ait repris son parcours festif, les manifestantes sont allées demander la libération de l’interpellée qui a été relâchée. La police a suivi le cortège empêchant sa dispersion prévue sur le « Parvis des droits des femmes » qui a été bloqué par un mur de policiers casqués, équipés de boucliers et de chiens. Ce qui a contraint les manifestantes à se disperser plus loin.

La police a alors suivi au moins un petit groupe de femmes qui rentraient chez elles. Pour ce groupe étaient mobilisés quatre voitures et huit policiers en civil cagoulés, armés de LBD et accompagné de malinois. Sans aucune raison trois personnes ont été violemment interpellées de façon arbitraire vers minuit devant le Musée d’Aquitaine. L’une d’elle a notamment été appréhendée par deux policiers et un chien et une autre giflée. Les quelques personnes qui elles aussi quittaient la manifestation et tentaient de soutenir les interpellées ont été insultées et violentées notamment lorsque les chiens excités par les policiers ont été envoyés au contact de celles-ci. Les trois femmes interpellées ont été emmenées au commissariat d’où elles ne sont sorties que le lendemain à 19h.

Le 8 mars à Bordeaux, les femmes ont manifesté pour le droit à circuler librement dans les rues de jour comme de nuit contre le harcèlement, contre les agressions sexistes et sexuelles. La police de l’Etat de droit, si chère à ce gouvernement a, comme à son habitude, répondu par la force. La répression de la marche non-mixte du 8 mars démontre que les violences policières sont désormais systémiques.

Le symbole est fort, des femmes ont été frappées, humiliées, arrêtées par des hommes au service de l’Etat parce qu’elles tentaient de se réapproprier l’espace public. Face à ces tentatives d’intimidation, les manifestantes ont poursuivi la marche de nuit, tout en restant solidaires entre elles face à la police.

Cette marche non-mixte lors de la Journée internationale des droits des femmes nous rappelle que nous ne pouvons laisser ce gouvernement et ses pantins instrumentaliser les luttes féministes. Tout comme il faut lutter contre leur instrumentalisation des luttes LGBTQI+ et antiracistes. Ne nous y trompons pas, la violence du capitalisme macronien est à la hauteur de celle de ses forces de l’ordre. Ce capitalisme qui précarise notamment les femmes reste figé dans ses réflexes patriarcaux. C’est pour ces raisons que la réappropriation de la rue doit se faire par les femmes pour les femmes. Nous soutenons le dépôt de plainte porté par la victime de ces violences policières avec l’aide du CLAP33, du Planning familial 33 et du Collectif 8 mars Gironde. Nous condamnons ces violences patriarcales et exigeons l’abandon de toutes les poursuites.

AL Gironde

  • Nous remercions Solenne, Clara, Lola, Armelle et toutes les autres pour leurs témoignages.
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